L’étoile de la joie

3 janvier 2026

   L’Évangile de l’Épiphanie nous livre un enseignement profond sur la recherche de Dieu et la reconnaissance du Christ. Recherche qui ne se limite pas à un peuple, le peuple d’Israël ou un groupe particulier comme l’a si bien compris Paul : le mystère de Dieu parmi nous, concerne aussi les païens puisqu’ils sont associés au même héritage…Cette recherche, cette rencontre, cette reconnaissance concerne tout homme : quelque soit sa race, sa culture, son origine. Dans la nuit de Noël, ce sont les bergers, les plus petits parmi les petits d’Israël qui ont découvert en ce petit d’homme le Sauveur tant attendu et qui sont repartis en chantant les merveilles de Dieu. C’étaient les plus petits et les plus proches de Jésus. Aujourd’hui c’est le tour des plus grands et des plus lointains, ces mystérieux mages. Mais qui sont ces mages ? Ils viennent d’Orient nous dit l’Évangile. Autrement dit, ils viennent façonnés d’une autre culture, d’autres traditions que celles du peuple juif, d’autres religions. Ce sont des hommes de culture, de science : ils étudient les étoiles, ils connaissent leur disposition. Ils sont attentifs aux signes de leurs temps et ils savent les interpréter. Ce sont des sages qui, allant au bout de leurs recherches et de leurs questionnements, acceptent de se laisser déplacer, d’entrer en marche, d’aller même jusqu’à se laisser enseigner par des sages d’une autre nation, ceux qui connaissent les Écritures d’Israël, pour aller vers cet inattendu roi de Gloire, qui se donne à contempler dans ce nouveau-né, dépourvu de tout moyen de puissance. Et ces mages iront jusqu’à se prosterner pour l’adorer en lui déposant ce qui constitue peut-être le trésor de leur vie… Il y a d’autres personnages qui eux resteront sur leur savoir, leur pouvoir, et ne se mettront pas en route… Ce sont Hérode, ses grands prêtres et ses scribes. Une inquiétude les tenaille, l’inquiétude de perdre le pouvoir si un nouveau roi venait à régner. Inquiétude qui se transformera en peur et, au lieu de quitter cette peur qui les saisit pour consentir à la foi en ce qui leur échappe, ils préféreront prendre la décision de tuer. Préférant rester dans leurs ténèbres, ils passeront à coté de la très grande joie qui illuminera et remplira le coeur des mages… Et nous lequel de ces deux groupes d’hommes voulons-nous suivre ? Les mages nous montrent un chemin. Il s’agit de prendre les moyens, accepter de se mettre en route, de chercher longuement, d’être enseigné par ceux qui connaissent l’Écriture, de suivre la voix de sa conscience et de faire humblement l’offrande du bien le plus précieux, l’offrande de sa vie au Christ.

   Le chemin du sage est humble comme celui d’un enfant confiant. Pour le chercher et pour trouver la joie, il faut utiliser toutes les ressources de son intelligence et celles de son coeur. Intelligence et adoration, intériorité et rencontre, ne se contredisent pas, nous dit Matthieu, elles marchent main dans la main comme des sœurs.

Abbé Frédéric Fermanel