« Je suis avec vous tous les jours » (Mt 28,20)

10 janvier 2018

Zachée n’arrivait pas à voir Jésus et pourtant il le vit.
Pierre a renié Jésus trois fois et pourtant Jésus lui fait confiance pour construire l’Eglise.
Et nous, où en sommes-nous ?

Méditation du 16 Juin 2016 à Crossmédia (diocèse d’Avignon) par le Père Pascal MBAMBA (9h00-11h00)

Je suis avec vous tous les jours, dit Jésus.

I. Cette parole peut évoquer en nos esprits un beau souvenir :

Deux amoureux qui se disent au revoir mais qui savent que l’amour qu’ils vivent les rend présent l’un à l’autre pas seulement par la pensée, ni le désir, mais d’une présence dans le cœur, une présence réelle et forte. Cette parole évoque aussi un soutien, une compassion, une consolation. Jésus prononce cette parole à la finale de l’évangile de saint Matthieu :

« moi, dit-il, voici que je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps. » (Mt28, 20)


L’assurance que nous donne Jésus d’être toujours avec nous s’enracine dans son expérience personnelle de communion avec le Père. En Jean 14, Jésus montre comment il vit une union si profonde avec Dieu que, celui qui le voit lui Jésus, a vu le Père. Il a une si forte conscience de son union avec le Père qu’il nous indique, nous montre et nous conduit vers le chemin qui mène à Dieu, il dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ; personne ne va au Père si ce n’est par moi » (Jn14,6). Ainsi Jésus n’abandonne pas les siens, vous et moi sommes au Christ, il fait siennes les paroles d’Isaïe : « une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi je ne t’oublierai jamais » (Isaie49,15). Par le Baptême nous sommes engendrés dans la foi qui nous unit à Jésus, nous sommes les membres de son Corps mystique qu’est l’Église, nous appartenons au peuple saint, le peuple des rachetés. Par sa croix, Jésus a embrassé l’univers tout entier et l’a assumé dans son corps. Nous sommes fiers de faire partie de son peuple. Alors il ne nous abandonne pas. Je suis avec toi, te dit Jésus, même quand tu es seul, malade, abandonné, mal aimé, jugé, trahi, incompris, pauvre, faible, exploité. Je suis aussi avec toi dit Jésus, quand tu es riche, bien entouré, en santé, dans l’abondance et le succès. Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour juger, ni pour condamner, il est venu nous prendre par la main afin de faire le chemin de chacun en communion avec lui. Il s’est lié d’un amour si grand avec nous au point où nous pouvons marcher avec l’assurance de ne jamais être seuls ! Nous sommes accompagnés par Jésus, chacun sur son chemin.

Il ne suffit donc pas de savoir que Jésus est toujours avec nous, il ne suffit pas d’y croire simplement ; nous sommes appelés à vivre avec lui, à nous réjouir de sa présence, à répondre à sa présence par la nôtre. Ici s’ouvre une page très belle qui ne laisse personne indifférent : l’amour. Car Jésus nous aime, il t’aime tel(le) que tu es, avec tout ce qui fait ta personne. Il te connaît profondément. Ton passé, ton présent, ton avenir sont devant Lui. Ce que la personne la plus chère dans ta vie ignore, ce que tu caches aux autres parce c’est ta honte, Jésus le sait et IL T’AIME avec tout cela. Il te dit : je suis avec toi. C’est un amour très grand que Jésus nous manifeste, un amour inconditionnel : je vous appelle amis dit-il en Jean (15,15). Car les vrais amis s’aiment simplement, s’acceptent tels qu’ils sont, se soutiennent et s’accompagnent dans tous les moments de la vie. Jésus est ton vrai ami.

II. Dialoguer avec Jésus.

Il n’existe pas d’amitié sans échange de paroles car par les paroles on transmet les sentiments du cœur, on s’ouvre pour communier avec l’autre. On accueille l’autre, on se confie à lui. Souvenez-vous de l’échange des consentements lors du sacrement de mariage. Par des paroles sortant du cœur de l’époux et de l’épouse, un homme et une femme scellent leur union pour l’éternité ! Quand Jésus demeure avec nous, il cherche cet échange de parole, il veut communiquer avec nous, il cherche cette communication ! Jésus veut établir avec chacun d’entre nous une relation similaire à celle qu’il vit avec Dieu. Cette communication entre Jésus et son Père s’appelle LA PRIERE. En Jean 17, Jésus prie, il parle à Dieu : « Père dit-il, je te prie pour ceux que tu m’as donné, qu’ils soient un comme toi et moi sommes unis ». Cette page de l’évangile de saint Jean est une belle leçon de communication entre Dieu et Jésus, un exemple de prière. C’est ce que Jésus fait aussi en Luc 6, 12 : « Jésus s’en alla dans la montagne pour prier. Il passa la nuit à prier Dieu. » Jésus est avec nous et désire communiquer : nous écouter et nous parler. La vie de prière sied à un cœur amoureux parce que ce cœur sait s’exprimer, recevoir, se donner, accueillir, se laisser combler, s’offrir. La prière, c’est parler à Jésus qui est toujours avec nous et qui nous connaît profondément, lui dire ce que nous vivons : Jésus, je suis triste, je me sens seul, j’ai peur, j’ai de la haine, ou bien je suis content, je te remercie pour ceci ou cela, je te confie telle personne, telle situation… et continuer le dialogue, s’arrêter pour l’écouter de temps en temps, lire une de ses paroles dans l’évangile ou la Bible. Prier nous uni à Jésus et aux autres car alors notre cœur se dilate aux dimensions de la foi de toute l’église. Si vous priez, vous ne ressentirez pas la solitude, ni l’exclusion parce que vous serez comme une main qui agit dans un corps au profit de tout le corps. Dans les manuscrits biographiques de sainte Thérèse de Lisieux, elle dit cette belle phrase en parlant de la prière : « je dis tout simplement au bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours il me comprend ». Cela vaut aussi pour notre relation avec Jésus car comme le dit l’épître aux Hébreux : « nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à notre faiblesse ; il a été éprouvé en tous points à notre ressemblance, mais sans pécher. Avançons donc avec pleine assurance vers le trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour un secours en temps voulu »(Hé4,15-16). Oui, ce Jésus qui est toujours avec nous est capable non seulement de nous comprendre, mais aussi de nous combler. Il n’existe pas de prière inutile ou stérile, toute prière est un dialogue fructueux et prometteur, voilà pourquoi tu peux prier partout et à n’importe quel moment, c’est un moment d’amour avec celui qui est là dans notre vie et qui se satisfait parfois du simple fait que tu lui parles.

III Accueillir Jésus.

Accueillir Jésus dans nos vies. Jésus s’invite dans nos vies comme un amoureux qui est convaincu qu’il est fait pour cette personne qu’il approche et il multiplie les possibilités, les occasions, les moyens de créer une relation définitive. Jésus mendie notre amour, il cherche notre cœur, il veut habiter chez nous, vivre avec nous. En fait, sa présence est la réponse idéale aux désirs multiples et parfois désordonnés de notre cœur. La soif de notre cœur impulse à notre vie un élan qui nous amène quelquefois à réaliser des prouesses admirables, c’est la grandeur de notre vie qui se déploie à l’image de nos origines, c’est-à-dire à l’image de Dieu. Mais rien n’arrive véritablement à nous combler. On passe d’un exploit à un autre, d’une aventure à une autre, d’un rêve à un autre, sans jamais épuiser les désirs de notre cœur. Il est comme un puits sans fond que notre génie humain n’arrive pas à combler. Que faire ? Cherche-toi un sycomore, montes-y et tu verras Jésus, il s’invitera chez toi comme il fit avec Zachée en (Luc19, 1-10). Jésus est allé au-devant du désir de Zachée qui cherchait à le voir, mais plein d’obstacles l’en empêchaient : il était encombré par ses richesses acquises parfois dans l’injustice, il avait peur d’être jugé, condamné, et puis un handicap : sa taille. Zachée a surmonté ses peurs, il a trouvé un moyen de rencontrer Jésus, et au final c’est Jésus qui s’est invité chez lui, comblant ainsi tous les désirs de son cœur assoiffé. La présence de Jésus permet à Zachée de se réconcilier avec lui-même, avec son entourage et avec Dieu ! Il est heureux du vrai bonheur que seul peut procurer Jésus quand il entre dans un cœur ! Ce bonheur est à ta portée, tu peux accueillir Jésus et goûter à comment il est bon. Seigneur voici mon cœur ouvert à toi, entres-y et installe-toi, fais-y le ménage, je veux être vrai avec toi ! Vrai comme la femme samaritaine (Lc4, 1-42). Elle a été rejointe dans sa vérité la plus profonde par Jésus. Il a initié un beau dialogue avec elle, et il en est résulté un échange joyeux entre samaritains et juifs, et pourtant, « les juifs, depuis le retour de l’exil, méprisaient les samaritains, qu’ils considéraient comme impurs et par conséquent qu’ils évitaient. Jésus brise cet antagonisme vieux de cinq siècles et bouleverse tout le système de pureté qui le commande. » Donne-moi à boire dit Jésus à la femme samaritaine ! Il est devant un puis très profond, il a soif après un long voyage à pied, sous le soleil et il est fatigué. Devant lui, une femme qui a de quoi prendre de l’eau dans le puis mais qui a une vie profondément assoiffée. Voilà un tableau très éloquent qui peut soutenir notre méditation. Jésus vient frapper à la porte de notre cœur, il nous sollicite : j’ai besoin de toi, j’ai soif de ta vie ! Si nous l’accueillons il entre dans notre vie et il comble tous les désirs de notre cœur ! Tous les jours, à différentes occasions, nous avons la possibilité d’accueillir Jésus dans notre cœur, peut-être nous manque-t-il une seule chose : être vrai.

IV Jésus répond à nos appels.

La présence de Jésus en nos vies ne se manifeste pas à la manière d’un vaccin ou d’une pièce de rechange. Notre foi en Jésus présent au milieu de nous n’est pas une imagination infantile, ni une solution passe partout comme de façon magique. Jésus est présent, il est avec nous même lorsque nous n’obtenons pas ce que nous demandons et même lorsque nous doutons. Il est là pour nous manifester l’amour sans limite de Dieu. La réponse de Dieu à nos appels répétés, multiformes et parfois mal formulés ou inexprimés c’est la présence de Jésus au milieu de nous. En effet, « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la Vie éternelle »(Jn3,16). Croire en Jésus, oui croire qu’il est là avec moi me fait participant de la Vie de Dieu. Participer à la vie de Dieu c’est vivre une qualité de vie qui dépasse le cadre de la morale et de la justice, c’est entrer dans des valeurs éternelles. C’est cette dimension éternelle de notre vie que Jésus veut nous découvrir en demeurant avec nous. Mais la peur, le doute, la souffrance, le malheur, l’échec, la déception, la trahison ou alors les richesses, les plaisirs, les honneurs affaiblissent parfois notre foi en Jésus présent au milieu de nous. L’expérience de Pierre peut nous édifier à ce propos. Quand le doute l’a envahi il a crié vers Jésus : « Seigneur, sauve-moi ! Aussitôt Jésus tendit la main, le saisit en lui disant : homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »(Mt14,30-31). C’est beau de voir comment Jésus nous soutient, il n’est pas sourd à nos appels, il ne nous abandonne pas dans nos difficultés. Sa relation avec nous n’est pas en fonction de notre fidélité, ni de nos performances spirituelles. Pierre a même renié Jésus par trois ! Matthieu au chapitre 26, verset 74-75, écrit : « Pierre se mit alors à jurer avec des imprécations : je ne connais pas cet homme. Aussitôt un coq chanta. Et Pierre se rappela la parole que Jésus avait dite : avant que le coq chante, trois fois tu m’auras renié. Il sortit et pleura amèrement ». C’est le même Pierre à qui Jésus a confié son Église : « tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et les forces de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle. Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux, et ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce qui sera délié sur la terre sera délié dans les cieux » (Mt16, 18-19). Pierre a fait du chemin dans l’amitié avec Jésus, il exerçait son cœur à l’amour de Dieu, il ne se décourageait pas à la première chute, ni à la deuxième. Comme Pierre, avance sur le chemin du combat pour la foi, sache te laisser corriger par Jésus, apprend à te laisser relever par lui quand tu as crié vers Lui.

V Comment se manifeste le "JE SUIS AVEC VOUS" ? 

La présence de Jésus est plus concrète au milieu de nous et en nous par sa parole, l’Esprit Saint et les Sacrements.
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu… et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous »(Jn1,1ss). Oui Seigneur, merci d’habiter parmi nous, merci d’être venu illuminer nos vies, les réchauffer, leur donner du goût. Comment arriver à jouir de ta présence Jésus ? Comment faire pour nous laisser illuminer par Toi ? Croire est la solution. Le Pape François dans sa lettre Encyclique Lumen Fidei numéro 18 dit que « nous croyons à Jésus, quand nous acceptons sa Parole, son témoignage, parce qu’il est véridique. » Croire c’est faire confiance, c’est adhérer, accepter, bref croire c’est aimer. Dans les Paraboles d’un curé de campagne, Pierre Trevet raconte cette petite histoire imagée pour nous aider à réfléchir sur notre foi. Avant de raconter l’histoire, l’auteur fait remarquer que l’un des mots hébreux que l’on traduit par croire est « amen » et ce mot, étymologiquement signifie « s’appuyer sur. » il évoque, la solidité, la sûreté, la sécurité. Puis il raconte : « imaginons un jeune Père de famille qui joue avec son petit garçon de trois ans. Il le met sur un mur de deux mètres de haut et lui dit, les bras levés vers lui : « Allez, Jérémie, saute ! » L’enfant n’hésite pas une seconde et saute. Le papa le récupère dans un grand éclat de rire. Et Jérémie s’écrie : « Encore, encore, encore ! » Si le papa ne se fatiguait pas, cela durerait tout l’après-midi… mettez maintenant le même Jérémie à dix ans sur le mur. Il va dire à son père : »t’es sûr que t’es assez costaud, t’es sûr que tu vas me rattraper ?... » à treize ans : « t’es sûr que c’est drôle ? » le même à quinze ans : « non, mais, tu m’as bien regardé ? »... l’histoire s’achève par cette question : quel âge a notre confiance en Dieu ? » oui, quel âge a notre confiance en Jésus ? Notre foi en Jésus a-t-elle suivie notre maturité humaine, psychique, affective ? Nous sommes appelés à grandir dans l’amitié avec Jésus, voilà pourquoi l’Esprit saint vient à notre aide. Il vient nous aider dans notre croissance spirituelle, dans notre communion avec le Père et le Fils. L’Esprit de vérité que le monde ne peut pas recevoir parce qu’il ne peut ni le voir, ni le connaître. Mais nous, nous le connaissons parce qu’il demeure avec nous et qu’il sera toujours avec nous. Et Jésus nous rassure : je ne vous laisserai pas seuls comme des orphelins ; je reviendrai auprès de vous (Jn14,15-20). Jésus est auprès de nous par les Sacrements. Nous devenons fils de Dieu en Jésus le Fils de Dieu par excellence, et notre filiation divine est assumée grâce au don de l’Esprit Saint, alors commence un chemin avec Jésus qui nous nourrit de son Corps et de son Sang, nous guérit de nos blessures et nous console dans les souffrances physiques, morales et psychologiques, enfin il nous conduit vers un choix de vie où nous sommes appelés à servir nos frères et sœurs.

VI Jésus nous envoie en mission : le révéler aux autres

La présence de Jésus en nous ne peut pas nous laisser stériles. Un chrétiens, un croyant, un disciple est toujours le sel de la terre et la lumière du monde (Mt5,13-16). Jésus nous envoie chaque matin en mission et il nous y accompagne pour que nous transmettions sa joie, sa vie et son espérance aux autres. Le témoignage de vie que Jésus attend de chacun d’entre nous c’est que nous le laissions briller dans nos vies et rayonner autour de nous. Il nous dis : c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit, un fruit qui demeure ; si bien que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres (Jn15, 16-17). Nous sommes les préférés de Jésus, humblement tu peux dire : Jésus se plaît à habiter en moi. Il m’a choisi, je suis à lui, il est avec moi. Mais aussi tu dois accepter que de sa présence en toi, jaillissent de belles œuvres, de beaux fruits de vie. Cette opération peut être légèrement douloureuse, et si tu ressens de la douleur pour produire des fruits de vie, sois heureux car tu participes à la douleur de la croix du Christ en vue du salut de tes frères et sœurs. Ainsi, quand tu auras une âme de pauvre, rejetant l’esclavage des plaisirs, des honneurs et du pouvoir ; quand tu vivras dans la compassion vis-à-vis de tous ; quand tu pardonneras, quand tu auras la douceur, la vérité, la justice, la miséricorde et la pureté, peut-être qu’on te traitera de lâche, d’incapable, de timide, on dira que tu es démodé ! Continue car le Seigneur est en œuvre dans ta vie. Nous sommes aujourd’hui les yeux de Jésus, sa voix, ses oreilles. Nous devons le porter à nos frères et sœurs qui doutent, hésitent, ont honte ou peur de vivre leur identité chrétienne, leur amitié au Christ. Saint Paul exprime mieux encore cet appel dans sa deuxième lettre au Corinthiens5,20 : « Nous sommes donc des ambassadeurs envoyés par le Christ, et c’est comme si Dieu Lui-même adressait un appel aux autres par nous : nous vous en supplions, au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Nos vies ont une très grande importance pour Dieu, nous sommes des instruments de réconciliation entre Lui et nos frères et sœurs. Nous devons donc conduire notre vie selon le Christ afin de ramener les autres à Dieu. Saint Grégoire de Nysse nous donne le conseil suivant : « que doit faire celui qui a obtenu de porter le nom magnifique du Christ ? Rien d’autre que d’examiner en détail ses pensées, ses paroles et ses actions : est-ce que chacun d’elle tend vers le Christ, ou bien s’éloigne de lui ? » Dans le rite d’ordination d’un prêtre, à l’étape de la remise de la patène avec le pain et du calice rempli de vin, l’évêque dit à l’ordinand : « recevez l’offrande du peuple saint pour la présenter à Dieu. Ayez conscience de ce que vous ferez, imitez dans votre vie ce que vous accomplirez par ces rites et conformez-vous au mystère de la croix du Christ. » La vie du baptisé devient une offrande parfaite et agréable à Dieu, il est appelé à respecter la présence de Jésus en lui et à chercher la cohérence entre ses paroles et ses actes.

VII Comme Marie : Jésus en nous.

Marie est celle qui a le mieux vécu la présence de Jésus dans sa vie. Au départ, Dieu lui demande la permission d’accueillir Jésus, son humilité, sa confiance, son ouverture lui font dire un oui inconditionnel : je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole (lc1, 38). Elle est le modèle des croyants et de fidélité à Dieu. La regarder, se confier à elle, la suivre est une aide précieuse pour accueillir à notre tour Jésus. Marie a voulu collaborer librement au projet de Dieu qui désirait nous sauver en envoyant son Fils au milieu de nous. Son oui est précieux pour le salut du genre humain. Marie une femme de prière, qui gardait dans son cœur l’histoire d’amour qu’elle construisait avec Dieu en vue de notre salut. Marie une femme qui va jusqu’au bout de son oui à Dieu. Devant les difficultés, les souffrances, les peines, elle demeure ferme dans sa foi, elle persévère, elle endure tout unie au Christ. Elle n’est pas qu’un modèle lointain et inaccessible, elle est notre mère. Au pied de la croix, elle y était, comme à toutes les étapes de la vie de Jésus. C’est là devant son divin enfant agonisant sur la croix, c’est là que Jésus nous remet entre ses mains : voici ta mère dit-il (Jn19,26). Elle est notre mère dans la foi en Jésus, elle veille sur notre relation avec Jésus, elle nous soutient de sa prière.
Le chapelet est une prière simple, la prière de ceux qui sont pauvre de cœur, ceux qui sont humbles d’esprit, ceux qui ne sont pas orgueilleux, car là dans la simplicité de la communion avec Marie, en la sollicitant, en la regardant, nous apprenons d’elle à vivre toute la vie de Jésus. Louis Marie Grignon de Montfort dit que le fruit de la dévotion à Marie c’est Jésus. Seigneur que jamais mon orgueil et ma suffisance ne me ferment à la grâce que tu me réserves quand je te prie en invoquant Marie, que jamais je n’évite son regard, que je n’hésite jamais à suivre son exemple pour accueillir le Verbe et qu’il se fasse chair en moi.
Tu peux prier le chapelet sur ton lit, en répétant dans ton cœur cette belle parole de l’Ange Gabriel à Marie et en ayant dans la pensée un moment précis de la vie de Jésus. Tu peux faire cette prière, cette simple prière quand, bloqué par les embouteillages, tu attends d’avancer vers ton lieu de travail. Tu peux aussi invoquer Marie quand, la nuit, tu ne trouves pas le sommeil, alors commence l’ave Maria, dis-le simplement jusqu’à t’endormir sans te rendre compte, Marie vient te bercer et garder ton esprit pour un repos paisible dans le Seigneur.
Jésus, je voudrais te recevoir dans mon cœur, sceller avec toi une amitié éternelle, que jamais rien ni personne ne m’éloigne de toi – AMEN !