La fête du Christ Roi

20 novembre 2017

La fête du Christ Roi est d’origine récente. Elle a été instaurée par Pie XI, en 1925, pour affirmer la compétence religieuse de l’Eglise dans le domaine profane d’où la mentalité moderne entend parfois l’exclure. Nous devons être chrétiens non seulement à la messe, mais aussi dans notre vie familiale, sociale, politique. L’Eglise a le droit et le devoir de rappeler aux puissances qu’elles ne sont qu’au service de l’homme. Elles sont à relativiser. Il n’y a pas de pouvoir absolu sur terre. Tout pouvoir dépend de Dieu.
L’image du Christ Roi appartient cependant à la plus ancienne tradition. Les premiers chrétiens célébraient la royauté du Christ en « obéissant à Dieu plutôt qu’aux hommes » ! (Ac 5,29). Le christianisme était alors le ferment de résistance le plus puissant contre l’absolutisme impérial qui lui infligera trois siècles de persécutions sanglantes.
Les textes liturgiques sont loin d’une vision de puissance, d’un Dieu-Empereur dont Jésus lui-même s’est nettement distancé. La couronne de ce roi est d’épines, la croix est son trône.

Placée aujourd’hui au dernier dimanche de l’année liturgique, cette fête reçoit une signification nouvelle : c’est la fête du Christ conduisant l’humanité et l’univers à leur glorieux achèvement. Les couronnes terrestres se succèdent et tombent, les pouvoirs cruels et les apothéoses humaines prennent fin…. A travers ces faits qui font l’histoire, la foi en voit une autre, celle que nous appelons l’Histoire sainte. Commencée par les interventions de Dieu, les “hauts faits” de l’Ancien Testament, elle culmine dans la croix du Christ, elle-même prolongée dans le service de l’Eglise - jusqu’à ce que les hommes de toutes races et de tous pays entrent dans le « règne qui n’aura pas de fin ».
René LUDMANN, cssr
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